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    Les Fantômes de la rue Papillon – Théâtre du Gymnase

    Agathe Louis 9 janvier 2018
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    Une comédie humaniste mettant en scène un jeune « rebeu » qui doit raconter la Shoah à un juif. De l’émotion, du rire, un plaidoyer contre l’antisémitisme et le racisme. Un hommage à la fraternité.

    Le rideau s’ouvre sur un banc et son réverbère.
    Sur le banc, Joseph, un vieux juif solitaire. Soudain, des halos de gyrophare…. le contrôle d’identité d’Haïssa, un jeune rebeu : «Tu descends de ta voiture et tu sors tes papiers !!!!!! », « Mais j’ai rien fait, M’sieur »… Ça dégénère, un malentendu, une bousculade, un coup de feu… Haïssa meurt sur le coup. On entend une porte s’ouvrir lourdement, Haïssa entre en scène et tombe sur Joseph. La porte se referme magistralement. Ce sont deux fantômes !

    Joseph va expliquer à Haïssa que « l’on devient fantôme juste devant l’endroit où l’on meurt ». Ainsi, tous deux se retrouvent isolés dans un espace virtuel, devant la rue Papillon à Paris. Joseph y a été tué le matin du 16 juillet 1942, jour maudit de la rafle du Vel d’Hiv. Haïssa vient d’y mourir ce 12 janvier 2017.

    Tantôt riant, tantôt pleurant, nos deux fantômes font connaissance. Sur leur banc, ils voient la vie de la rue Papillon se dérouler devant eux. C’est de cet endroit qu’il y a soixante-quinze ans, Joseph a vu partir sa femme, ses enfants et tous les juifs du quartier dans des bus dont il ignore toujours la destination. Il n’aura de cesse d’interroger Haïssa sur la destinée de sa famille. Haïssa connaît l’holocauste, mais se tait pudiquement.

    Chacun raconte ses difficultés : pour l’un, l’occupation ; pour l’autre, les brimades d’aujourd’hui. Ils en arrivent à la triste conclusion qu’ils ont été tués pour les mêmes raisons fondamentales. Raisons fondamentales qui se nourrissent de « la haine de l’autre».

    Un matin, Joseph découvre la Shoah.

    A travers l’abomination de ce crime de masse à caractère industriel, bureaucratique et systématique, l’un et l’autre prennent conscience des conséquences paroxystiques que peuvent entraîner l’antisémitisme, le racisme et toutes autres formes de stigmatisation ethnique ou religieuse.

    Joseph et Haïssa éveillent nos consciences sur le monde d’hier, d’aujourd’hui et celui de demain…

    [Source texte : communiqué de presse]

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